Développement durable : la révolution des nouveaux indicateurs

publié par Piver le 7 mars 2012

Conscientes des menaces et des enjeux environnementaux comme des inégalités sociales ou territoriales, les Régions ont un rôle déterminant à jouer dans la promotion du développement durable et sont engagées dans des politiques visant cet objectif depuis de nombreuses années.
Directement aux prises avec la réalité du terrain et connaissant mieux que quiconque les nouveaux enjeux d’un aménagement du territoire plus équilibré et durable, les Régions ont pleinement conscience de la nécessité de promouvoir un nouveau modèle de développement, plus soucieux des ressources naturelles et du bien-être humain.
Ce modèle ne peut s’accommoder d’indicateurs de type Produit Intérieur Brut, tant celui-ci, bien qu’étant un indicateur économique pertinent pour juger de l’accroissement de la production d’un pays ou d’une région, présente de nombreuses limites intrinsèques pour juger de l’état de bien-être ou de
progrès d’un territoire, comme d’ailleurs l’a récemment souligné la Commission sur la Mesure des Performances Economiques et du Progrès Social présidée par le prix Nobel J. Stiglitz.
Pour l’économiste Jean Gadrey, co-auteur avec Florence Jany-Catrice de l’ouvrage « Des nouveaux indicateurs de richesse » et membre de la Commission Stiglitz, « utiliser un thermomètre pour indiquer la température, c’est très bien. Comme indice de bonne santé c’est une faute. C’est pour cela qu’il faut encourager, à côté du PIB, la construction d’autres indicateurs qui visent à mieux cerner la progression ou la régression du bien-être ou ce qu’on appelle aussi le développement humain, le développement durable ou d’autres notions de ce type qui ne sont pas des notions strictement économiques ».
Dès à présent, les Régions de France réclament que l’on tienne compte dans le pilotage des politiques publiques d’une plus grande justice en se basant sur la réalité du développement humain, du bien-être, et sur la durabilité à l’égard des ressources naturelles.
Dès 2008, la Commission Développement Durable et Environnement de l’ARF présidée par Jean-Jack Queyranne, Président de la Région Rhône-Alpes, a confié à Myriam Cau, Vice-Présidente de la Région Nord – Pas de Calais au développement durable, à l’évaluation et à la démocratie participative, le soin de piloter un groupe de travail ayant pour objectif de construire de nouveaux indicateurs de
développement humain et durable.
Ce travail de fond a notamment permis de créer des déclinaisons régionales de l’Indice de Développement Humain 2, de l’Indice de Santé Sociale et de l’empreinte écologique. Ces nouveaux indicateurs offrent une nouvelle grille d’analyse des territoires et vont désormais permettre aux Régions de piloter différemment leurs politiques.
L’ARF a d’ores et déjà proposé ces indicateurs à l’Union Européenne en vue de remplacer le PIB dans la répartition des fonds de cohésion. Pionnières au plan national les Régions françaises entendent bien promouvoir ces nouveaux indicateurs au delà des frontières de l’hexagone.

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